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Historique du Centre

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Portrait du Dr Jean-Ovide Decroly

Le Centre d’hébergement Jean-Ovide Decroly a son histoire en lien avec celle l’Institut d’Enseignement Spécial du Dr Decroly fondé par l’éminent médecin pédagogue en 1901 au 47 rue de la Vanne à Bruxelles. Cet Institut sera ensuite transféré au 2 Chemin du Vossegat à Uccle en 1910.


L’œuvre pédagogique et sociale du Dr Jean-Ovide Decroly, né en 1871 à Renaix, a connu un grand succès dans le champ des pédagogies actives et nouvelles en ce début du XXème siècle, ses principes méthodologiques se sont vus exportés internationalement. Médecin établi à Bruxelles en 1898 après avoir effectué ses études à l’Université de Gand et à l’étranger, il devient assistant au service de neurologie de la Polyclinique de Bruxelles où il est en charge du département des « enfants anormaux et troublés de la parole ». La Société de Pédiatrie lui propose de prendre la tête d’une clinique qu’elle envisage de créer pour observer et traiter les enfants considérés comme « anormaux ». Le médecin accepte à condition de pouvoir accueillir ces enfants chez lui où ils évolueront dans un milieu naturel, recevant une éducation très large, adaptée à leurs besoins et intérêts particuliers. Ainsi naitra « l’Institut d’Enseignement Spécial » d’abord, véritable « école-laboratoire », puis « l’école de l’Ermitage » en 1907. Originellement, deux écoles sont donc progressivement fondées par le célèbre médecin : une école pour enfants avec des déficiences (enfants dits « irréguliers ») et une école pour enfants ordinaires (l’école de l’Ermitage pour enfants « réguliers »).
 

Aux origines

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Extraits du livret de présentation de l'Institut du Docteur Decroly

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En contexte de développement industriel et de misère sociale en ce début de siècle, les enfants avec déficiences se trouvaient davantage exposés à la marginalisation ou l’exclusion. Le Dr Decroly a pu démontrer, par ses méthodes pédagogiques aux résultats spectaculaires, que tous les enfants étaient « éducables ». Entre 1907 et 1932, mort du Dr Decroly, plusieurs autres classes s’ouvrent au sein de l’Institut. Les deux écoles (réguliers/irréguliers) collaborent étroitement mais elles relèvent de l’enseignement privé à défaut de reconnaissance officielle, bien que le Docteur ait le soutien de la Ville de Bruxelles. Les filles du Docteur, Suzanne et Jeanne Decroly sont pleinement impliquées dans le développement de l’Institut, Jeanne deviendra médecin psychiatre (Dr Jeanne Jadot-Decroly) au sein de l’école dans les années trente.

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Photographie de la Fondation Decroly

Diverses activités pédagogiques développées dans l'Institut - Modalités d'admission en tant que "pensionnaire"

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Relevons également la collaboration de la pédagogue Amélie Hamaïde (1888-1970), qui deviendra directrice de l’école de l’Ermitage de 1924 à 1934 et qui a contribué par ses publications à propager les méthodes pédagogiques du Dr Decroly. Sur un plan pédagogique plus étendu, le Docteur Decroly avait exprimé ouvertement à plusieurs reprises l’importance de développer, entre autres, les «écoles internat» afin de répondre à toutes les nécessités rencontrées par les enfants.

Les deux écoles se dissocièrent au fil de l'évolution de l'Institut, l'une exclusivement "spécialisée" dans le suivi des enfants avec déficiences, l'autre perpétuant la pédagogie "Decroly" pour les enfants relevant de l'enseignement "ordinaire".

En effet, après la mort du Dr Decroly en 1932, les infrastructures accueillant les enfants se révèlent insuffisantes et le manque de financement ne permet pas la construction de nouvelles bâtisses. Avec la seconde guerre mondiale, plusieurs élèves « réguliers » disparaissent tragiquement et certains professeurs entrent dans la résistance, animant un journal clandestin. Après la guerre, la création de nouvelles classes se poursuit mais les locaux sont devenus au fil du temps vétustes. Afin de pouvoir bénéficier de subsides de fonctionnement, des travaux d’aménagement conséquents sont nécessaires mais les héritières du Dr Decroly, le Dr Jadot-Decroly et Melle Suzanne Decroly, ne peuvent en supporter le coût. L’oeuvre du médecin semblait être en péril. Ceci d’autant plus que certaines sociétés immobilières s’intéressaient aux deux hectares de terrain vallonné entourant les maisons de l’Institut originel, le quartier était alors en pleine expansion urbanistique.

Mutations de l'Institut
De l'IMP à l'Institut

Dans ce cadre, afin de préserver l’héritage de leur père, un rapprochement eut lieu entre les filles du Docteur et la « Prévoyance sociale », société coopérative d’assurance qui deviendra plus tard la société d’assurance PV (prévoyance-voorzog). Cet organisme s’intéressait à «l’enfance inadaptée» et avait ouvert à l’époque plusieurs « Instituts Médico-Psycho-Pédagogiques ». Une opportunité était donnée à la «Prévoyance Sociale» de perpétuer l’œuvre du Docteur Decroly.

L’organisation a donc dû acquérir les anciennes villas Decroly, derrières lesquelles deux nouveaux bâtiments, ceux que l’on connaît actuellement, ont été construits à la rue du Jonc dans un cadre verdoyant. L’architecte Jacques Wybauw conçu les dessins en 1961 et l’inauguration du nouvel « Institut P. S.-Decroly » (Prévoyance Sociale – Institut Decroly) fut réalisée le 1er juin 1972.


Lors de l’inauguration, autour de Mr. Henri Lemaire (Président de l’asbl Prévoyance Sociale) étaient présents, entre autres, le Dr Jadot-Decroly et Melle Suzanne Decroly (filles du Docteur Decroly), Mr Léon Hurez (Ministre de l’éducation nationale), Mr Dejardin (Directeur général de l’INAMI), Mr Grulois (Directeur général de la santé publique), Mr R. Vienne (Président du conseil supérieur de l’enseignement spécial), Mr Degroeve (député) et bien d’autres personnalités aux hautes responsabilités pour célébrer l’importance de l’événement.

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Durant la première année de création du nouvel Institut, Mr Bemelmans (Directeur de l’Instut P.S.-Decroly) et Mr Gilles (Directeur de l’école professionnelle) ont travaillé en collaboration avec les filles du Dr Decroly avant de reprendre entièrement les rênes de la structure dans le courant de l’année 1972. Ce nouvel Institut comprenait un internat pour 72 garçons, un semi-internat pour 180 enfants et un foyer pour 40 jeunes travailleurs, ce dernier se trouvant dans l’un des anciens bâtiments. Une école primaire d’enseignement spécial était présente, ainsi qu’une école professionnelle pour 125 jeunes où l’enseignement était surtout basé sur les métiers de la construction. A titre informatif, un autre site situé à Schepdaal, l’Institut « Levenlust » était intégré au nouvel Institut. Rappelons également qu’en 1970 la loi sur l’enseignement spécialisé est votée et de nouvelles écoles sont créées et subventionnées.


Dans le courant des années 1980-1990, la société d’assurance PV (anciennement la Prévoyance Sociale) décide de se décharger de divers établissements sociaux qu'elle avait contribué à constituer, dont l’Institut Decroly. La question qui se pose alors par la direction et les pouvoirs publics à l’époque était de savoir quelle instance (communale ou régionale) était susceptible de reprendre la gestion de l’Institut. Ce sont alors les communes de Forest, Molenbeek et Saint-Gilles qui décident de reprendre l’Institut-Médico-Pédagogique et de créer une ASBL pour sa gestion. La reprise de l’Institut par l’intercommunale n’a pas modifié le statut libre et « non confessionnel » de son projet. A cette période, une nouvelle direction générale est également promue.

Nouvel Institut Médico-Pédagogique

- PS Institut Decroly

Extraits du livret de présentation

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Les politiques de santé et d’intégration connaissent certaines mutations progressives au fil des années. Ainsi, l’Organisation des Nations Unies adopte une « Convention des droits de la personne handicapée » en 2006 qui se voit ratifiée par la Belgique en 2009. Cette convention s’établit sur les bases de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. La Convention offre un cadre juridique et politique de mise en oeuvre des principes axés sur la défense du droit à l’inclusion de la personne en situation de handicap dans tous les milieux de vie ordinaires. Le handicap est alors conçu comme la résultante d’une interaction entre les personnes présentant des incapacités et les barrières environnementales qui font obstacle à la pleine participation de la personne à la société. Le parlement bruxellois francophone vote le 17 janvier 2014 le « Décret relatif à l’inclusion de la personne handicapée », remplaçant le « Décret du 4 mars 1999 relatif à l’intégration sociale et professionnelle des personnes handicapées ». Dans ses principes, le paradigme de l’inclusion présente un décalage avec celui de « l’intégration » et une autre manière de penser la qualité de vie des personnes est promulguée. Parallèlement, le développement du « Plan Autisme » dans la région de Bruxelles-Capitale permet le déblocage d’un certain nombre de subventions afin d’améliorer la prise en charge des enfants touchés par les troubles autistiques et leur entourage.

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Affiche de "Trait d'Union"

Dans ce contexte, l’Institut va voir le jour de nouvelles initiatives dans le courant des années 2010 sous la supervision de Mme Valérie Rosier (directrice générale). Ainsi, en 2016 deux classes de maternelle pour enfant avec troubles du spectre de l’autisme ouvrent. Dans la lignée, au Centre d’hébergement plus spécifiquement, des places d’accueil pour des courts séjours (répit) sont créées pour les enfants avec troubles du spectre de l’autisme dès 2018. Le Centre d’hébergement intègre donc « La Parenth’aise » comme structure à part entière en son sein. Dans ce cadre, un programme d’aménagements infrastructurels significatifs a été réalisé afin d’accueillir les enfants ainsi qu'un programme de formation des professionnels encadrants.

 

L’inauguration du projet sur le site même de l’Institut aura été marquée par la présence de Mme Céline Frémault, Ministre chargée de la Qualité de Vie pour notre secteur à cette période. Le Centre d’hébergement, et plus largement l’Institut, voit ainsi sa population se diversifier par les problématiques prises en charge (enfants avec troubles du comportement, troubles du spectre de l’autisme et déficiences cognitives légères).

Un service d’accompagnent, « Trait d’Union », émerge en 2019 et voit son agrément évoluer en 2022. Le service d’accompagnement prend appui sur les initiatives inclusives plébiscitées par les nouvelles politiques d’intégration. 

Dans le courant de l'année 2022, le Centre d'hébergement change sensiblement de dénomination afin de l'identifier comme entité spécifique par rapport à l'ensemble de l'Institut et au regard des familles et partenaires du "réseau". Il importait d'appuyer sa visibilité "numérique" et les spécificités de ses projets internes. C'est pourquoi le Centre prend le nom de "Jean-Ovide Decroly" au lieu de "Centre d'hébergement de l'Institut Decroly".


L’Institut a ainsi cherché à adapter ses projets aux circonstances des époques, aux besoins des personnes en situation de handicap et aux nouvelles politiques publiques de santé et d’intégration visant à changer le regard porté sur le handicap en général et la manière d’inclure les personnes aux besoins particuliers dans la société.

Le Centre s'inscrit surtout dans une continuité historique en lien avec l'Œuvre du Dr Decroly dont la portée humaniste constitue pour nous un leg symbolique que nous devons perpétuer, pour les progrès et l'évolution des enfants qui nous sont confiés.

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Remarques

Les illustrations présentes dans ce récit émanent de plusieurs sources: articles de presse, archives de l'Institut, matériel détenu par certains travailleurs etc.

 

Celles-ci ont permis de reconstituer une trame narrative objective mais toujours soumise à révision.​

David Prado

Directeur

du Centre d'hébergement

Juin 2022

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Le centre résidentiel en 2022

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